Sigue la página del blog Rimas de Montparnasse, pinchando el enlace o copiando la URL siguiente:
https://www.facebook.com/Rimas-de-Montparnasse-105921224797368
À THÉOPHILE GAUTIER
Del libro “Les fléches d’or”
Malgré les vieux clichés des rêveurs poitrinaires A pesar de
los viejos clisés de los tísicos soñadores
Qui crachent leurs poumons au fond des grands journaux que
escupen sus pulmones en un rincón de los grandes periódicos
Et content aux bourgeois, leurs lecteurs ordinaires, y
contentan a los burgueses, sus lectores habituales;
Que la Muse n’est plus, et que vents et tonnerres a pesar de
que la musa no existe ya y de que tormentas y truenos
Ont fait un peu de cendre avec ses nobles os, han convertido
en ceniza sus nobles huesos,
Pleins de joie et d'orgueil, nous marchons, et la plaine avanzamos henchidos de alegría y orgullo, y la llanura
Ondule sous le vent de nos belles chansons; ondula ante las
ráfagas de nuestras hermosas canciones.
Le rossignol écoute et retient son haleine, El ruiseñor
escucha y contiene el aliento,
O mon maître! et toujours le fantôme d'Hélène, ¡maestro
mío!, y el fantasma de la radiante Helena
Radieux, nous conduit vers de clairs horizons. siempre nos lleva
hacia horizontes despejados.
Les fleurs que nous cueillons ne sont pas éphémères; Las
flores que recolectamos no son efímeras,
Comme les aloès elles durent cent ans, duran cien años como
los áloes;
Et nous trouvons du miel dans les coupes amères, y
encontramos miel en copas amargas
Car nous savons donner un corps à nos Chimères porque
sabemos reencarnar a nuestras Quimeras
Et sculpter nos héros dans les blocs résistants. y esculpir
a nuestros héroes en bloques resistentes.
Nous passons, méprisant les niaises atteintes Pasamos de
largo, despreciando a los bobalicones heridos,
Des envieux braquant sur nous leurs gros yeux ronds. a los
envidiosos que nos miran con los ojos como platos.
Nos pas, dans les rochers, ont creusé leurs empreintes. Nuestros pasos han dejado su huella en las rocas.
C’est bien du sang des dieux que nos veines sont teintes Nuestras
venas están teñidas con la sangre de los dioses
Et le laurier sacré fait un nimbe à nos fronts. y el sagrado
laurel nimba nuestras frentes.
Ses cheveux ruisselant sur son épaule fière, Con sus
cabellos desplegados sobre su orgulloso hombro,
La Muse auguste est là, folle d'amour, ouvrant la augusta
musa está ahí, loca de amor, entreabriendo
Ses bras nus arrosés de vie et de lumière, sus brazos
desnudos cubiertos de vida y luz,
Avec l'air martial d'une jeune guerrière adoptando el aire
marcial de un joven guerrero
Aspirant les accords du clairon enivrant. y aspirando
embriagadores toques de clarín.
Le soleil amoureux éclaire sa poitrine El enamorado sol
ilumina su blanco pecho
Blanche sous les ardeurs des rayons embrasés, con el fuego
de sus rayos abrasadores,
Pendant qu'une lueur charmante et purpurine mientras un
brillo encantador y purpúreo
Caresse tendrement l'aile de sa narine acaricia con ternura
las aletas de su nariz
Et sa lèvre hautaine aux terribles baisers. y sus altivos
labios con besos terribles.
Nous seuls avons le droit de toucher sa ceinture Sólo
nosotros tenemos derecho a tocar su cinturón
Et les voiles flottants sur son beau corps épars; y los
velos que flotan esparcidos sobre su hermoso cuerpo.
Les autres, écrasés par sa haute stature, ¡Los otros,
aplastados por su encumbramiento,
Tremblent, sachant qu'elle est pour eux cruelle et dure tiemblan a sabiendas de que ella es cruel y dura con ellos
Et qu'elle peut lutter avec les léopards! y que incluso
puede enfrentarse a los leopardos!
Comme elle est jeune et forte, elle veut, quand on l'aime, Como ella es joven y fuerte, cuando se la ama exige
La force et la jeunesse au coeur de ses amants, que el
corazón de sus amantes posea fuerza y juventud;
Et crache son mépris a la figure blême y escupe su desprecio
en el pálido rostro
De celui qui n'a pas, jusqu'au fond du ciel même, del que
antes no se haya adentrado en el interior mismo
Volé d'abord le feu sur les autels fumants. del Olimpo para
robar el fuego de los altares humeantes.
Par les âpres déserts que la flamme calcine, Por los ásperos
desiertos que calcina la llama,
Par les noires forêts où les fauves ont peur, por los negros
bosques que incluso las fieras temen,
Où dort dans les poisons la vipère assassine, donde la
víbora asesina adormila con su veneno,
Par les pôles perdus où la glace dessine por los polos
perdidos donde el hielo traza
Ses aiguilles sans fin sur un fond de vapeur, sus
interminables estalagmitas sobre un fondo brumoso,
Elle veut que l’on aille au-devant des épreuves, Ella quiere
que afrontemos las pruebas,
Et baise sur le front le vainqueur obstiné y besa en la
frente al conquistador testarudo
Qui, cherchant à frayer, au loin, des routes neuves, que,
buscando despejar nuevas rutas a los confines del mundo,
S'est livré, confiant, au hasard des grands fleuves ¡se
entrega, confiado, al azar de las grandes corrientes
Et revient glorieux d'un monde nouveau-né! y vuelve glorioso
de un mundo recién alumbrado!
Comme vous, autrefois, vers les rives lointaines, Como
antaño hicisteis vos, hacia lejanas costas
O maître! nous partons, jaloux d'entendre aussi partimos,
¡maestro mío!, celosos de escuchar también
La foudre se mêler aux chansons des fontaines, cómo el
relámpago se mezcla con el canto de las fuentes,
Et de fouler avec nos semelles hautaines y de hollar con
nuestras altivas plantas
Les flots de l'Océan sous nos pas adouci. las olas del
océano bajo nuestros suavizados pasos.
Nous sommes bien vos fils, ô lutteurs athlétiques, De hecho
somos vuestros hijos, oh luchadores atléticos,
Qui couriez sans faillir aux combats renaissants, que
corristeis sin desfallecer en las batallas del renacer,
Amants libres et forts des vierges romantiques, amantes
libres y fuertes de las vírgenes románticas,
Qui saviez émouvoir les roches granitiques que supisteis
mover las rocas de granito
Par l'accord mâle et fier de vos nobles accents! al son
orgulloso y viril de vuestro noble lenguaje.
Celui que les lions ont nourri de leurs moelles Lo que ha
alimentado a los leones con su tuétano
Se rappelle pour nous le chant d'Eviradnus; nos trae a la
memoria el canto de Eviradnus;
Véronique apparaît, blanche dans ses grandes voiles, aparece
Verónica, blanca entre sus grandes velos;
Atta-Troll lourdement danse sous les étoiles, Atta-Troll
baila pesadamente bajo las estrellas,
Et la mer apaisée enfante encore Vénus! y el mar calmado
todavía da a luz a Venus.
Et lorsque nous aurons fait nos moissons complètes, Y cuando
hayamos completado nuestra cosecha,
Poètes de vingt ans, frères qui sommes nés poetas
veinteañeros, hermanos nacidos
Dans un temps glorieux pour la Muse, et de fêtes, en una
época festiva y gloriosa para la Musa,
Nous nous inclinerons devant les grands poètes nos
inclinaremos ante los grandes poetas
Qui marchent devant nous, et qui sont nos aînés, que caminan
delante de nosotros y son nuestros antecesores,
Nous souvenant toujours d'avoir bien en mémoire recordando
siempre tener presente
Que l’admiration est le fait des grands coeurs, que la
admiración es el producto de los corazones vastos,
Et que nous sommes vus par le Maître de gloire y que un Maestro
glorioso nos contempla
Qui, du fond de l'exil, domine notre histoire desde lo más
profundo del exilio, ¡dominando nuestra historia
Et protége nos fronts de son laurier vainqueur! y cerniendo
nuestras frentes con su laurel victorioso!